La famille Tournier (intitulé du site)

 
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Un TOURNIER du Saugeais (région du Doubs entre Morteau et Pontarlier) grenadier du landgrave Louis IX à Pirmasens (Allemagne)

Partie française

Ma recherche systématique des porteurs du patronyme TOURNIER me dirigea tout naturellement vers l’Allemagne où vit mon beau-frère. A Pirmasens dans le « land Rhénanie Palatinat » je trouvai un Franz TOURNIER auquel j’écrivis en 1997. La chance voulut qu’il m’adressat un arbre généalogique dans lequel figurait son premier ancêtre TOURNIER connu Franz né à Benois vers 1756/57. J’ai tout de suite pensé à Montbenoît ( F 25650 )mais ni la ville de Pirmasens ni les archives du Land de Rhénanie-Palatinat ne purent confirmer cette hypothèse. En naviguant récemment sur le web je découvris un cercle généalogique à Pirmasens lequel m’orienta très rapidement vers Reiner RAUCH. La chance était avec moi, ce dernier en effet est de la propre famille de l’ épouse du grenadier à savoir Catharina Louisa RAUCH. Il me confirma l’origine saugette du grenadier.

D’un commun accord nous avons décidé de consacrer un article sur ce personnage Reiner se chargeant de la partie allemande et moi-même de la partie française.

Denis François TOURNIER naquit en fait le 18/11/1754 à Largillat hameau de La Longeville, paroisse de Montbenoit fils de Claude- Antoine TOURNIER né le 29/11/1716 à Lièvremont, décédé le 14/01/1763à Largillat qui épousa le 10/11/1747 Anne-Claude ISABEY-VOUILLOT des Colombières paroisse de Morteau. La famille comptait 12 enfants dont l’aîné Claude-François né le 28/02/1748 à Gilley au tirage de la milice de la subdélégation de Pontarlier en mars /avril 1768 est dit soldat dans l’artillerie , compagnie d’Allarach. Laboureur il mesure 5 pieds, 3pouces, 6 lignes( 1 ,67 m), a les yeux roux et les cheveux noirs (1C 1889 AD 25) Je n’ai pas trouvé trace de son mariage ou de son décès dans le Doubs. Faut-il penser qu’il embrassa la carrière militaire et que son cadet François suivit son exemple ?

Pour en revenir à la famille de ce dernier on peut en préciser quelques générations antérieures :

Claude-François TOURNIER son père naquit le 08/10/1679 à Arçon (25) et décéda le 23/03/1755 à Montbenoit à l âge de 75 ans, il épousa le 07/06/1704 à Montbenoît Marguerite BAVEREL( patronyme qui dit-on témoignerait d’une origine bavaroise).

Claude TOURNIER son aieul né le 28/09/1648 à Lièvremont (25) épousa Jeanne BOURDENETde Passonfontaine (25)

A la génération précédente Laurent , charpentier ,né le 09/04/1614 à Lièvremontet décédé au même lieu le 17/02/1683 cité comme son frère Michel à la montre d’armes de la terre et seigneurie de La Rivière le 18/11/1632 (2B 745 AD 25) «  18 ans mousquetaire » époux de Jeanne RECEVEUR.

Les parents de Laurent sont Estienne TOURNIER et Clauda LEOUTRE. On peut supposer que son grand père est François et son arrière grand-père est Thomas TOURNIER. Mais cela reste une hypothèse. En tout état de cause le premier TOURNIER de Lièvremont connu est Perrenet cité en 1402 ( E 2763 Famille Chalon-Arlay AD 25).

Cet ancrage ancien dans le terroir sauget est confirmé par l’existence du lieu-dit « le plan TOURNIER » sur les hauteurs de Lièvremont.

On peut rappeler que le Saugeais , région située entre Morteau et Pontarlier, fut défrichée au Moyen-Agepar des colons venus dit-on de Suisse et de Savoie sous l’impulsion de l’Abbaye de Montbenoît . Erigée en République depuis 1947 , sa présidente Madame Gabrielle POURCHET malheureusement décédée cette année 2005 à l’âgede 99 ans« administrait » avec un appareil d’Etat allégé : un premier ministre, un secrétaire général, deux douaniers et douze ambassadeurs, un territoire comprenant une douzaine de villages .

Partie allemande

Le dernier comte de Hanau-Lichtenberg, Johann Reinhard II, mourut le 28 mars 1736 sans descendance masculine. Comme, de son vivant, son petit-fils le prince héritier Ludwig XI de Hessen-Darmstadt lui avait plu, il lui transmit par héritage les territoires de Hanau-Lichtenberg, entre autres le district de Lemberg, dont Pirmasens faisait aussi partie.

Le jeune prince s’enthousiasma très tôt pour la vie militaire. Il aimait les parades, les exercices et la musique militaire. Peu après avoir recueilli son héritage, il entreprit d’aménager Pirmasens en garnison. Dans tous les coins de France et d’Allemagne il recruta de grands gaillards, il les mit en uniforme et les fit s’exercer tous les jours.

Comment et pourquoi François TOURNIER s’est justement retrouvé dans cette ville encore jeune de Pirmasens (devenue ville souveraine en 1763), cela reste incertain. Peut-être partageait-il avec son patron le Landgrave Ludwig IX une prédilection pour la vie militaire, ce qui n’est pas surprenant car, comme nous l’avons appris dans la première partie de cet article, quelques hommes de sa famille portaient un uniforme.

Le registre matricule des grenadiers du Landgrave Ludwig IX prouve que François TOURNIER est entré en service à la garnison de Pirmasens en 1784. Voici l’inscription originale : Rosenberger Franz, alias TOURNIER François, Benois, l’abbaye de Mont-Benoit, 28 ans,1,75 m (7 zoll) dans le régiment du prince-héritier de 1784 à 1790.

Comment François en est venu au surnom de « Rosenberger », c’est jusqu’à maintenant inexpliqué, mais le nom s’est transmis à quelques-uns de ses descendants.

François fit la connaissance ici à Pirmasens de Louisa, la fille du sous-officier Johann Caspar RAUCH. Ils n’étaient pas encore mariés quand s’annonça une naissance en 1789. Le 9.10.1789 naquit des jumeaux. On ne peut malheureusement jusqu’à maintenant trouver qu’un enregistrement du décès dans le registre de l’église, qui stipule que le jumeau naturel Sebastian TOURNIER de Franz TOURNIER et de Louisa RAUCH serait mort le 19.10.1789 à l’âge de 10 jours.

Le 30.08.1790 François et Louisa se marièrent. Peu avant le Landgrave était mort d’une attaque et la florissante ville de Pirmasens tomba dans la pauvreté et la misère, car le revenu principal des habitants de Pirmasens provenait desmilitaires. Certes le Landgrave Ludwig X, le fils de l’ancien Landgrave, confirma les privilèges de la ville, mais il supprima section après section la garnison de son père.

François, comme beaucoup d’autres grenadiers libérés, se trouvait, avec sa jeune famille, devant le néant. Peu à peu on commença à se souvenir du métier qu’il avait appris. Il est possible que François, avant de devenir grenadier, ait terminé un apprentissage de cordonnier, car très vite il eut un petit atelier, dans lequel furent fabriquées des chaussures en tissu. Avec le temps il engagea d’autres cordonniers et finalement l’entreprise compta 22 employés.

A côté des deux fils Franz et Wilhelm, sur lesquels nous reviendrons plus tard, seuls 2 autres enfants du mariage de François et Louisa sont jusqu’à maintenant connus : un garçon, Friedrich (*09.07.1791) et une fille, Maria Henrietta (*31.10.1797). Friedrich est mentionné dans une liste française de conscription, il y est écrit :

Numéro35, taille 1,70 m, habitant chez ses parents, célibataire, « défaut de la vision droite et un dommage à la jambe gauche ; renvoyé au conseil de recrutement ».

En effet de 1797 à 1815 Pirmasens fait partie du département français du Mont-Tonnerre.

Il est permis de supposer que les fils de François, Franz (*18.10.1790, +30.05.1858) et Wilhelm (*1795, +17.05.1859) ont continué à diriger l’entreprise après la mort de François le 21.01.1807. C’est ainsi que dans la liste des patentes de l’année 1818 et des années 1821/22 François est mentionné comme « savetier ». Au lieu d’une signature, il y a seulement la mention « déclare ne pas savoir écrire ». Wilhelm lui aussi est mentionné sur la liste de 1818 comme « cordonnier et ambulant », ce qui signifie que celui-ci s’est occupé de la vente des chaussures.

On peut d’ailleurs continuer à suivre la famille de Franz jusqu’au début du 20ème siècle. Franz épousa le 01.11.1815 Anna Maria Ottilia Charlotta WEIZEL. De cette union naquit un fils : Franz (*27.10.1824, +29.11.1886). Il était marié à Elisabeth ROSER (*07.10.1861, +27.12.1944). De cette union naquirent à nouveau 9 enfants : Luise, Katharina, Georg, Meta, Ludwig, Elisabeth, Emma, Luise et Lydia.

A ce stade se termine pour l’instant le chemin du « Sauget » François TOURNIER. J’espère que cette petite excursion historique vous a plu, et je souhaite que cette production communautaire germano-française de Christian et moi soit, malgré la barrière linguistique, une contribution à la compréhension entre nos deux nations.

Christian TOURNIER et Reiner RAUCH du cercle généalogique de Pirmasens.

Remerciements à Anne-Marie TOURNIER-TIETZ et Marie-Madeleine TOURNIER pour la traduction de l’allemand vers le français et du français vers l’allemand.

Texte paru dans le numéro 98 du bulletin du Centre d’Entraide Généalogique de Franche-Comté.


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